Le petite oiseau va sortir!

J’avais déjà eu l’occasion de découvrir cet animal lors d’une visite du musée Patek Philippe à Genève qui est à voir absolument ! Mais récemment j’ai pu les voir en fonctionnement et je suis tombée sous le charme des oiseaux chanteurs.

Boîte oiseau chanteur émail
Boîte à oiseau chanteur en laiton et émail à scène champêtres. Suisse, fin XIXème siècle. Estimée 1 500- 2 000 € _ Photographie Tessier-Sarrou

Pour ce qui n’ont pas encore eu la chance de découvrir cet objet, il s’agit généralement d’une boîte, en forme de tabatière, abritant un ou plusieurs automates d’oiseaux qui lorsqu’ils sont animés, tournoient, battent des ailes, ouvrent et ferment leur bec et chantent. Des oiseaux plus vrais que nature !

Cette prouesse technique est le fruit du travail de l’horloger suisse Jacquet Droz en 1752. La reine Marie-Antoinette aurait été l’une des premières personnes privilégiées à recevoir l’un de ses oiseaux exécutant trois chants différents.

Véritable objet de luxe, ces boîtes sont ornées de matériaux précieux comme le diamant, la nacre, les émaux.

Ces objets se retrouvent parfois sous les feux des enchères. Les pièces les plus recherchées sont bien entendu les boîtes signées. La signature se trouve généralement sur le mécanisme et peut provoquer des enchères faramineuses. Ainsi la maison Christie’s a vendu en 2011 à Hong Kong une boîte en argent émaillée signée de la main de l’horloger suisse Charles Bruguier (1788-1862) pour une somme d’environ 60 480€ (524 000HK$)!

Les pièces non signées restent plus abordables. Si vous êtes sous le charme de ces bêtes à plumes, la maison de vente Tessier-Sarrou propose un ensemble de trois magnifiques boîtes, estimées entre 400 et 2000 €, vendredi 25 mars 2016 à l’hôtel Drouot à Paris.


I have alreadey seen this kind of animal when I visited Patek Philippe museum in Geneva (which is a place to absolutely visit!). But I have recently seen it working and I fall in love of these singing birds.

If you have not already met this item, that’s often a box, in shape of a snuffbox, where lives a little automaton of bird which turns, beats its wings, opens and closes its beak and sings. A bird better thant the real!

This amazing item was invented by Jacquet Droz, a Swiss clockmaker, in 1752. He offered one of his first singing bird to the Queen Marie-Antoinette.

Boîte oiseau argent
Boîte à oiseau chanteur en argent, les ciselures représentent les fables de Lafontaine le Corbeau et le Renard, le Coq et le Renard, Suisse, vers 1900, Estimée 400-500 €

These singing birds are sometimes sold in auctions. The most sought after are signed one. For exemple, Christie’s sold in 2011 in Hong-Kong a singing bird made by the Swiss clockmaker Charles Bruguier (1788-1862), for 60 480 € (524 000 HK$)!

Non-signed box are cheaper. If, like me, you felt in love with this strange animal, the French auction house Tessier-Sarrou will sell three beautiful boxes estimated between 400 and 2 000€, the 25th of March 2016 in Drouot (Paris).


 

Vente « Mobilier, objets d’art » Tessier-Sarrou du 25 mars 2016

Salle 1

Hôtel Drouot

9 rue Drouot 75009 Paris

Catalogue de la vente

 

 

 

Je suis toujours là!

Chers lecteurs et lectrices,

Je suis navrée, choquée et déçue par la censure de mon dernier article traitant des bijoux de théâtre par la responsable de l’une des collections les plus importantes de bijoux de théâtre en France (dont je ne citerai pas le nom) et aussi emportée par de grands changements dans ma vie professionnelle (et oui, j’ai trouvé un emploi!) C’est pourquoi j’ai délaissé ce blog ces derniers temps. Je m’en excuse car créer un blog c’est s’engager. Alors c’est parti, on se reprend et dès la semaine prochaine, je m’y engage, vous pourrez découvrir un nouvel article sur un type d’objet que j’ai découvert récemment et qui m’a particulièrement impressionné, touché, intrigué… Suspens!

Je profite de ce post pour faire de la publicité. Promis c’est l’une des rares fois où j’en fais car déontologiquement ça ne se fait pas. Mais il s’agit de l’un des projets que j’ai eu à mener à bien dans mon travail et dont je suis plutôt fière: Le Blog de Diamantiques. Je l’ai créé moi-même et j’en ai la gestion. Mais malgré tout le blog d’Art et d’Or va continuer d’exister car c’est un peu mon enfant et malgré les rares censures intempestives, il reste ma page d’expression.

A bientôt pour de nouveaux articles!


 

Dear readers,

I am sorry. Blindsided and annoyed by the censorship of my last article about theatre jewels by the head of one most biggest collection of theater jewels and because of many changes in my professional life, I have given up this blog. But it’s time to go ahead and write new articles because I am committed with that blog. Next week you will find a new article about an item that I didn’t know, which is incredible. But this is a surprise!

I take advantage to this note to talk about another blog: Le Blog de Diamantiques that I have created. This blog talk about jewellery and watches. But the blog d’Art et d’Or will continue too. Because this is my creation and I am proud of it and this is a great occasion to talk freely (instead of censorship) about what I like in jewellery and arts.

See you soon for new articles!

 

L’été indien

L’été indien vient de quitter Paris mais malgré tout subsiste encore une certaine douceur  dans les salles de ventes et dans les musées.

Collier Inde Oger Blanchet
Collier de mariage pour homme, Inde, Rajasthan, Estimation: 10 000 / 15 000 € Photographie: Oger-Blanchet

La tradition joaillière indienne remonte jusqu’à 6 000 avant Jésus-Christ pour les premiers vestiges connus. La richesse des sous-sols de ce pays a largement contribué au développement de cet art. Les célèbres mines de Golconde ont ainsi fourni des diamants légendaires tels que le Régent, le Hope ou encore le Koh-I-Noor. Les bijoux indiens sont surtout liés à la cérémonie du mariage. L’épouse reçoit de sa famille et de sa belle-famille une importante quantité de bijoux qui constitueront véritablement ses biens propres et non ceux de son époux, ce qui est particulièrement notable. L’exhibition de ces bijoux affiche le statut social des familles et de sa richesse comme c’était le cas également en Europe auparavant avec les corbeilles de mariage. La mariée porte principalement des bracelets aux bras et chevilles. Ses bijoux l’identifieront désormais comme une femme mariée. Si son mari décède, la tradition veut que la veuve brise ces bracelets. Le mari porte également des bijoux lors des épousailles. Il porte généralement un sarpech, qui est une sorte de broche, à son turban, et des colliers. La maison de ventes Oger-Blanchet propose aux enchères ce jeudi à Drouot un important (et pour l’avoir eu entre les mains, je peux vous dire qu’il est impressionnant!) collier de mariage pour homme en or 22 carats orné de motifs floraux en filigrane. Car les Indiens travaillent traditionnellement l’or 22 carats. En effet, dans la religion hindoue le concept de pureté est particulièrement important et les métaux précieux ont un rôle rituel.

boucheron dessin collier patiala
Gouaché de l’un des six colliers réalisés pour le Maharaja de Patiala par Boucheron, 1928, Gouache sur papier, Maison Boucheron

Une grande exposition Bejewelled treasures : the Al Thani collection au Victoria & Albert Museum, du 21 novembre 2015 au 28 mars 2016, donnera la possibilité de découvrir davantage la bijouterie-joaillerie traditionnelle indienne. Elle permet également de mieux cerner les rapports entre l’Inde et l’Europe. Les bijoutiers occidentaux ont beaucoup influencé la bijouterie indienne mais s’en sont également beaucoup inspirés. Durant les années 1920, nombreux sont les maharadjas à venir place Vendôme passer commande auprès des plus grands joailliers. Le maharaja de Patiala s’est ainsi rendu en 1928 chez Boucheron avec six caisses contenant pas moins de 7 571 diamants et 1 432 émeraudes. Il est difficile à savoir si les 148 bijoux créé pour cette commande historique mais fort heureusement la maison Boucheron conserve des photographies et les dessins de ses magnifiques créations. L’exposition londonienne retranscrira ces rapports entre joailliers et maharadjas avec les réalisations de Cartier et de JAR qui s’est inspiré de cette culture.

devdas
Madhuri Dixit et Aishwarya Rai dans « Devdas », 2002, Photographie: Mega Bollywood

D’excellentes excuses pour (re-)visionner des films bollywhoodiens tels que Devdas où les actrices portent d’incroyables parures.


Indian summer left Paris but mildness still stay in auction houses and in museums.

Indian jewellery traditions go back to 6 000 B.C. for the first remains. Underground wealth contributes to Indian jewellery. Famous diamonds like the Régent, the Hope and the Koh-I-Noor were found in Golconde mines and there are also sapphires and emeralds mines. Jewels are especially made for weddings. Wife receives jewels with her family and her family-in-law. These jewels are her property for ever. For her wedding she wears many arm and ankle bracelets. If she becomes widow, she has to broke her bracelets. Men also wear jewels for the wedding. They wear a sarpech, a kind of brooch, on turban, and necklaces. The auction house Oger-Blanchet will sale on Thursday in Drouot a wonderfull indian wedding necklace for men (I’ve seen it and it’s amaaaazing!!!). This necklace is decorated with floral patterns in filigree in 22 gold karats. Indians usually work 22 gold karats because of this importance of purity in Hinduism.

A big exhibition Bejewelled treasures: the Al Thani will soon begin in the Victoria & Albert Museum in London in the 21st of November and will let us to discover Indian traditional jewels and links between India and Europe. In 1920s, many maharajas have been to the Place Vendôme to get French jewels. In 1928, the Maharaja of Patiala went to Paris and brought to Boucheron six empty boxes of gemstones with 7 571 diamonds and 1 432 emeralds. It’s hard to know if the 148 jewels created by Boucheron for this Maharaja still exist. But fortunately, Boucheron Héritage keeps a fantastic book with all jewels draws. The V&A exhibition will study these links and results between Western jewellers and Indians with creations of Cartier and JAR.

This is a nice excuse to watch (again!) Bollywoodian moovies like Devdas in which one actresses wear unbelievable jewels.

Oppa diamond style!

Bracelet en or blanc et argent de Kim Kig-Ok "Comme ta voix - Deuxième peau par impression" Collection de l'artiste
Bracelet en or blanc et argent de Kim Kig-Ok « Comme ta voix – Deuxième peau par impression »,
2014, Collection de l’artiste

A l’occasion des 130 ans de diplomatie entre la Corée du Sud et la France, le gouvernement français a décidé de consacrer l’année 2015-2016 à ce pays d’Asie. Au programme, un grand nombre d’évènements culturel : expositions, concerts, pièces de théâtres… vont, un peu partout en France, nous permettre de découvrir ce pays.

Car pour beaucoup de Français, la Corée du Sud se résume par les Jeux Olympiques de Séoul, le chanteur Psy et son Gangnam Style et par sa relation tumultueuse avec la Corée du Nord. La culture coréenne est assez peu connue en France et cela se voit particulièrement dans les rayonnages des bibliothèques qui comptent peu ou pas de livres à ce sujet et sur le peu de musées présentant des objets originaires de ce pays. En vue de préparer cet article je me suis ainsi rendue au Musée du Quai Branly qui, à ma grande surprise, ne présente pas d’objets coréens dans ses collections permanentes. Mais il en faut plus pour me décourager et j’ai réussi à trouver de beaux exemplaires permettant de découvrir la scène joaillière coréenne.

Couronne en bronze dorée datant du Ve-VIe siècle, Royaume de Silla, Collections du Musée Guimet
Couronne en bronze dorée datant du Ve-VIe siècle,
Royaume de Silla,
Collections du Musée Guimet

Les collections du Musée Guimet à Paris permettent de découvrir que déjà vers les Ve-VIe siècles, l’art de la coiffure est développé en Corée. Des archéologues ont retrouvé dans un tumuli en terre une couronne constituée de fines plaques de bronze doré formant un imposant trident. Ce symbole de pouvoir s’est conservé autant chez l’homme que chez la femme à la cour comme on peut le voir sur des peintures datant du XVIe siècle.

Perruque-natte ornée d'une épingle, d'une couronne et autres accessoires, reconstitution d'une coiffure à l'époque Joseon jusqu'au XVIIIe siècle, Collection de Kim Young-Seok
Perruque-natte ornée d’une épingle, d’une couronne et autres accessoires,
reconstitution d’une coiffure à l’époque Joseon jusqu’au XVIIIe siècle,
Collection de Kim Young-Seok

La section mode de l’exposition Korea now, au Musée des Arts Décoratifs, consacre une vitrine aux différents types de coiffures. Elles comprennent généralement une imposante épingle à cheveux, des petites barrettes ornées de plumes bleues de martin-pêcheur et d’une couronne. L’exposition Intérieur coréen, œuvres de In-Sook Son, au Musée Guimet, présente, entre autres choses, les bijoux de la brodeuse In-Sook Son où l’on retrouve encore aujourd’hui l’importance de ces épingles, barrettes et couronnes.

Broche "Rehold" de Kim Ji-Mim en papier de mûrier et latex, 2015, Collection de l'artiste
Broche « Rehold » de Kim Ji-Mim en papier de mûrier et latex,
2015,
Collection de l’artiste

Si les codes de la bijouterie traditionnelle se sont conservés à l’occasion notamment de cérémonies comme le mariage, la bijouterie contemporaine a su totalement se renouveler, faisant le lien entre tradition et modernité. L’exposition Korea now ! présente ainsi plusieurs créations dont les matériaux sont les représentants de techniques ancestrales revisitées. Kim Ji-Min reprend le papier de mûrier qu’il allie au latex. Ce papier (hanji) s’obtient par la cuisson de branches de mûrier avec de la cendre qui sont ensuite frappées à l’aide d’un maillet de bois afin d’assouplir les fibres. Le hanji avait diverses utilisations : écrits bouddhiques, tapissage des habitations, confection de fleurs… Kim Ji-Min l’utilise ici dans la parure de manière résolument novatrice. La soie s’applique également à la bijouterie avec la parure de Park Jgong-Hye. Son collier Piège évoque des plantes carnivores à la fois belles, douces et dangereuses dans une composition particulièrement innovante.

Collier "Piège" de Park Jgong-Hye en argent et soie, 2013, collection de l'artiste
Collier « Piège » de Park Jgong-Hye en argent et soie,
2013,
collection de l’artiste

Entre tradition et modernité, les musées parisiens permettent de découvrir un peu plus la bijouterie de ce pays et de lever le voile sur la culture coréenne.


For the 130 years old of diplomacy between Korea and France, the French government has decided to dedicate this year to this Asian country. For this birthday, cultural events are organize in many places in France: concerts, exhibitions, plays… to discover this country.

Because in France, we don’t really know Korea and its culture instead of Olympic Games of Seoul, troubles with North Korea and Psy and his Gangnam Style. We can see this in libraries where we cannot find a lot of books about this culture. That’s the same about French museums. Anyway! I have found amazing things for you!

With the collections of the Musée Guimet in Paris, we can discover that in the Vth-VIth centuries, hair jewels were already developed. Archaeologists found in an earth tumuli a crown made with golden bronze. This symbol of power was kept at the court as we can see in XVIth century paintings. In the exhibition called Korea now at the Musée des Arts Décoratifs, a showcase shows jewels which was wear in hairdressings in the past. In hairdressings we can often find a big hair pin, little barrettes decorated with kingfisher’s blue feathers and a crown. Another exhibition: Intérieur coréen, œuvres de In-Sook Son in the Musée Guimet, explains that this kind of jewels is currently worn for special events like weddings.

If we can find traditional jewels in different occasions, Korean jewellers try to reinvent jewellery and to link past with present. Korea now introduces contemporaneous craftsmen who work with traditional materials. Kim Ji-Min creates jewels with mulberry’s paper and latex. This kind of paper (called hanji) is made with cooked mulberry’s sticks hammered with a wood mallet. The Hanji was used for religious writings, as wall paper, to make flowers… Kim Ji-Min use this material for jewels in a modern style. We can also find silk in jewellery with Park Jgong-Hye’s creations. His necklace called Piège (trap) is in the same time soft with silk and in another time more violent with carnivore flowers.

Between tradition and modernity, Parisian museums let us to discover a very rich and varied culture unknown in France.


Korea Now! Craft, design, mode et graphisme en Corée Jusqu’au 3 janvier 2016 au Musée des Arts Décoratifs à Paris

Intérieur coréen, œuvres de In-Sook Son Jusqu’au 14 mars au Musée Guimet à Paris

Daisy Cloarec

David Webb sous le feu des enchères

Broche Girafe de David Webb, or jaune, rubis et émail. Estimation: $7 000 - $9 000. Photographie Sotheby's NY.
Broche Girafe de David Webb, or jaune, rubis et émail. Estimation: $7 000 – $9 000. Photographie Sotheby’s NY.

Alors que la Fashion Week s’est déroulée la semaine dernière à New-York, la maison de vente Sotheby’s propose ce jeudi un important ensemble de quarante bijoux réalisés par l’un des plus grands créateurs new-yorkais : David Webb, dont voici une petite sélection.

C’est à l’âge de 16 ans que David Webb décide de quitter la Caroline du Nord pour s’installer dans la New-York des années 1940. Dès 1948 il crée son entreprise David Webb Inc. Le succès de sa bijouterie ne sera jamais démentie puisqu’à leur apogée, ses ateliers comptèrent jusqu’à 200 artisans. Ses sources d’inspirations sont extrêmement diverses. Pour réaliser l’une de ses créations emblématiques : le bijou-clou, il s’est ainsi inspiré du motif du nœud égyptien vu au Metropolitan Museum. En plus de s’inspirer de créations antiques, David Webb a aussi puisé abondamment dans la nature, réalisant un bestiaire à la fois original et coloré. Mais cette grande figure de la joaillerie new-yorkaise, après avoir créé d’incroyables bijoux pour Jackie Kennedy, la Duchesse de Windsor ou encore Elizabeth Taylor, décéda en 1975. Fort heureusement la société a été reprise et continue à produire des pièces inspirées des dessins colorés de David Webb.

Pendants d'oreilles de David Webb, platine, émeraudes et diamants. Photographie Sotheby's NY.
Pendants d’oreilles de David Webb, platine, émeraudes et diamants. Estimation: $50 000 – $70 000. Photographie Sotheby’s NY.

La maison Sotheby’s a déjà eu l’occasion de passer aux enchères des créations de David Webb. L’un de ses records fut la vente d’une paire de boucles d’oreilles en diamants avec montures interchangeables pour $1 505 000 en 2014. La sélection faite pour la vente de jeudi prochain est des plus hétéroclites. Elle comprend à la fois de belles pierres comme cette paire de pendants d’oreilles en diamants et émeraudes estimée entre $50 000 et $70 000, des pièces plus originales et colorées comme cette broche inspirée de la figure de Napoléon, estimée entre $15 000 et $20 000 et des pièces au design plus sobre réalisées avec cet or jaune martelé qu’affectionne tout particulièrement David Webb comme ce large bracelet estimé entre $30 000 et $40 000. Franck Everett, spécialiste en joaillerie chez Sotheby’s New-York, décrit ainsi la femme portant du David Webb :

 Elle n’a pas peur de porter de bijoux […] elle n’a pas peur de mélanger les pièces […] et elle sait ce qu’elle veut.

Bracelet de David Webb, or jaune martelé. Photographie de Sotheby's NY.
Bracelet de David Webb, or jaune martelé. Estimation: $30 000 – $40 000. Photographie Sotheby’s NY.
Broche napoléonienne de David Webb, or jaune, diamants, émail. Photographie Sotheby's NY.
Broche napoléonienne de David Webb, or jaune, diamants, émail. Estimation: $15 000 – $20 000. Photographie Sotheby’s NY.

Cette vente est en tout cas l’occasion de découvrir ou de re-découvrir ce joaillier américain au style unique.

Vente Important Jewels, les 24 et 25 septembre à partir de 14h à New York, enchères visibles également en Live sur internet.

http://www.sothebys.com/en/auctions/2015/important-jewels-n09400.html#&page=all&sort=lotSortNum-asc&viewMode=list


After the New-Yorker Fashion week which was last week, the auction house Sotheby’s will organise on Thursday a jewellery sale with 40 jewels made by one the most famous jeweller of New-York: David Webb, from whom I’ve done a little selection.

When he was 16 years old, David Webb decided to live in New-York City and left his native North Carolina. In 1948, he founded his society David Webb Inc. It was a very successful idea. In its height, its society had around 200 craftsmen in its workshops. David Webb’s creations were inspired by many things. His most famous set of jewels made with gold nails was inspired by Egyptian knots, seen in the Metropolitan Museum. He was also inspired by nature. He created a lot of coloured and oddball jewels with animals. He had a very famous clientele with Jackie Kennedy, Elizabeth Taylor and the Duchess of Windsor. But he died in 1975. Fortunately, his society is still in activity and create jewels inspired by David Webb’s drawings.

Sotheby’s has already sold jewels created by David Webb. One of its auction records was made last year with a pair of diamond pendant-earclips sold for $1 505 000. For Thursday’s sale, we will find different kinds of jewels. We will find jewels with important gemstones like this pair of platinum, diamond and emerald pendant-earclips estimated around $50 000 and $70 000. There are also funny and coloured creations like this Napoleonesque brooch estimated between $15 000 to $20 000 and jewels with a simple design like this gold hammered cuff-bracelet estimated between $30 000 to $40 000. Franck Everett, Sotheby’s jewellery specialist explained that the woman who wears David Webb’s jewels:

She is not afraid to wear a lot of pieces of jewelry, she is not afraid of matching […] and she knows what she wants.”

This sale is a great occasion to discover or to re-discover this American jeweller who had a unique style.

Important Jewels sale, the 24th and 25th September at 2 p.m. in New-York and on Sotheby’s website.

http://www.sothebys.com/en/auctions/2015/important-jewels-n09400.html#&page=all&sort=lotSortNum-asc&viewMode=list

Daisy Cloarec

Les révélations de la bijouterie contemporaine

Nef du Grand Palais avec la scénographie d'Henri Jobbé-Duval.
Nef du Grand Palais avec la scénographie d’Henri Jobbé-Duval

Depuis hier se tient au Grand Palais la biennale Révélations qui présente les nouveaux talents de l’artisanat français et international. Gigantesque cahier de style, ce salon illustre à travers plus de 120 stands, ateliers et conférences les différents domaines des arts décoratifs : mobilier, céramique, verre, luminaires, lutherie… Pour cette seconde édition, la Corée du Sud est mise à l’honneur avec une scénographie signée Henri Jobbé-Duval de manière élégante en reprenant bambou et îlots. Contrairement à d’autres évènements artistiques comme la FIAC ou la biennale des antiquaires, Révélations a comme atout d’être principalement représentée par des ateliers d’artistes et non par des galeries. C’est donc une formidable occasion de rencontrer des artisans de tous domaines confondus. L’ébéniste Jean de Dreuille m’a ainsi expliqué son procédé ingénieux pour réaliser une marqueterie dans l’esprit d’André-Charles Boulle. Ne pouvant travailler l’écaille de tortue, il a eu l’idée de placer des plaques d’ambre sur un fond rouge, obtenant un résultat incroyablement proche. A l’image de cet ébéniste, le détournement des matériaux est le courant dominant ce salon avec un luminaire en carton et des bottes en papier imprimé.

Luminaire en carton.
Luminaire en carton de Catia Esteves
Collier d'Irène Gonet. Calamus, argent.
Collier d’Irène Gonet. Calamus, argent.

La bijouterie n’est pas en reste. Plusieurs stands lui sont consacrés avec quelques uns qui détonnent par leur traditionalisme. L’école HEAD-Genève présente les créations de ses élèves dont les pièces d’Irène Gonet qui a eu l’idée étonnante de travailler la plume en utilisant non pas sa partie la plus douce mais en utilisant sa tige, le calamus.

Fils textiles.
Bijoux de Claude Tahon en matières textiles

La créatrice textile française Aude Tahon a quant à elle adaptée une technique de nœud coréenne à la bijouterie. Le résultat est incroyablement léger.

Collier-plastron en bambou
Collier-plastron en bambou
Parure mêlant métal et bambou
Parure mêlant métal et bambou

L’association Hand in Hand promeut également les échanges entre la France et l’Asie. Des créateurs originaires de Taïwan participent à des ateliers en France et réalisent leur projets avec des artisans français. Le thème choisit pour cette exposition est le bambou, espèce relativement courante sur cette île d’Asie. Cette plante est ainsi introduite dans la bijouterie de manière tout à fait étonnante et esthétique.

Bagues
Bagues « Traces » d’Helga Ósk Einarsdóttir

La Nordic Network of Crafts Association présente un ensemble de bagues empreintes de nostalgie créées par l’Islandaise Helga Ósk Einarsdóttir. Il s’agit d’un support de diapositives reprenant de vieux tirages sur une monture métallique faisant le lien entre la création passée et contemporaine.

Ouvert jusqu’à dimanche soir, ce salon permet de découvrir de nombreux créateurs de talents sans avoir à se bousculer devant les vitrines et pour un prix abordable (le billet d’entrée plein tarif coûte 10 €). De quoi occuper ce weekend pluvieux!


Since the 10th of September, the biennial Révélations is opened in the Grand Palais in Paris. This event introduces new talented craftsmen from France and abroad. There are around 120 stands, conventions and workshops which show all the different crafts’ fields: furniture, lute-making, ceramics, glass, lights… For this second instance, South Korea is the guest of honour with an elegant scenography made by Henri Jobbé-Duval, inspired by bamboo and archipelago. Unlike the FIAC and the Biennale des Antiquaires, most of the exhibitors are craftsmen and not dealers. That is a great occasion to talk directly with them and to understand how they work. The cabinetmaker Jean de Dreuille explained to me its trick to do Boulle’s marquetry without tortoiseshell: he uses amber plaques on a red bottom. Like this cabinetmaker, many craftsmen in this event distort materials from their original use to create for example a cardboard light or paper shoes.

That is the same case in jewellery. Many stands show jewels. The HEAD school in Geneva exhibits its students’ creations with jewels made by Irène Gonet. She had this oddball idea to make jewels with hollow shaft from feathers.

Aude Tahon, a French creator, use a Korean technique of knot with thread to make fantastic and light jewels.

Hand in Hand association which promotes creations between Taiwanese designers and French craftsmen has already a stand where the theme is the bamboo. Jewels have been created with this plant. The result is amazing.

The Nordic Network of Crafts Association shows a group of rings on a slides’shelf with old pictures. This nostalgic creation made by Helga Ósk Einarsdóttir from Iceland explains the importance to look into the past to create modern creations.

Opened until Sunday evening, you can discover with this biennial talented craftsmen for a low cost admission (only 10 €).


Révélations, le salon des métiers d’art et de la création

Au Grand Palais, Paris

Jusqu’au dimanche 13 septembre, de 10h à 19h

http://www.revelations-grandpalais.com/fr/

Daisy Cloarec