David Webb sous le feu des enchères

Broche Girafe de David Webb, or jaune, rubis et émail. Estimation: $7 000 - $9 000. Photographie Sotheby's NY.
Broche Girafe de David Webb, or jaune, rubis et émail. Estimation: $7 000 – $9 000. Photographie Sotheby’s NY.

Alors que la Fashion Week s’est déroulée la semaine dernière à New-York, la maison de vente Sotheby’s propose ce jeudi un important ensemble de quarante bijoux réalisés par l’un des plus grands créateurs new-yorkais : David Webb, dont voici une petite sélection.

C’est à l’âge de 16 ans que David Webb décide de quitter la Caroline du Nord pour s’installer dans la New-York des années 1940. Dès 1948 il crée son entreprise David Webb Inc. Le succès de sa bijouterie ne sera jamais démentie puisqu’à leur apogée, ses ateliers comptèrent jusqu’à 200 artisans. Ses sources d’inspirations sont extrêmement diverses. Pour réaliser l’une de ses créations emblématiques : le bijou-clou, il s’est ainsi inspiré du motif du nœud égyptien vu au Metropolitan Museum. En plus de s’inspirer de créations antiques, David Webb a aussi puisé abondamment dans la nature, réalisant un bestiaire à la fois original et coloré. Mais cette grande figure de la joaillerie new-yorkaise, après avoir créé d’incroyables bijoux pour Jackie Kennedy, la Duchesse de Windsor ou encore Elizabeth Taylor, décéda en 1975. Fort heureusement la société a été reprise et continue à produire des pièces inspirées des dessins colorés de David Webb.

Pendants d'oreilles de David Webb, platine, émeraudes et diamants. Photographie Sotheby's NY.
Pendants d’oreilles de David Webb, platine, émeraudes et diamants. Estimation: $50 000 – $70 000. Photographie Sotheby’s NY.

La maison Sotheby’s a déjà eu l’occasion de passer aux enchères des créations de David Webb. L’un de ses records fut la vente d’une paire de boucles d’oreilles en diamants avec montures interchangeables pour $1 505 000 en 2014. La sélection faite pour la vente de jeudi prochain est des plus hétéroclites. Elle comprend à la fois de belles pierres comme cette paire de pendants d’oreilles en diamants et émeraudes estimée entre $50 000 et $70 000, des pièces plus originales et colorées comme cette broche inspirée de la figure de Napoléon, estimée entre $15 000 et $20 000 et des pièces au design plus sobre réalisées avec cet or jaune martelé qu’affectionne tout particulièrement David Webb comme ce large bracelet estimé entre $30 000 et $40 000. Franck Everett, spécialiste en joaillerie chez Sotheby’s New-York, décrit ainsi la femme portant du David Webb :

 Elle n’a pas peur de porter de bijoux […] elle n’a pas peur de mélanger les pièces […] et elle sait ce qu’elle veut.

Bracelet de David Webb, or jaune martelé. Photographie de Sotheby's NY.
Bracelet de David Webb, or jaune martelé. Estimation: $30 000 – $40 000. Photographie Sotheby’s NY.
Broche napoléonienne de David Webb, or jaune, diamants, émail. Photographie Sotheby's NY.
Broche napoléonienne de David Webb, or jaune, diamants, émail. Estimation: $15 000 – $20 000. Photographie Sotheby’s NY.

Cette vente est en tout cas l’occasion de découvrir ou de re-découvrir ce joaillier américain au style unique.

Vente Important Jewels, les 24 et 25 septembre à partir de 14h à New York, enchères visibles également en Live sur internet.

http://www.sothebys.com/en/auctions/2015/important-jewels-n09400.html#&page=all&sort=lotSortNum-asc&viewMode=list


After the New-Yorker Fashion week which was last week, the auction house Sotheby’s will organise on Thursday a jewellery sale with 40 jewels made by one the most famous jeweller of New-York: David Webb, from whom I’ve done a little selection.

When he was 16 years old, David Webb decided to live in New-York City and left his native North Carolina. In 1948, he founded his society David Webb Inc. It was a very successful idea. In its height, its society had around 200 craftsmen in its workshops. David Webb’s creations were inspired by many things. His most famous set of jewels made with gold nails was inspired by Egyptian knots, seen in the Metropolitan Museum. He was also inspired by nature. He created a lot of coloured and oddball jewels with animals. He had a very famous clientele with Jackie Kennedy, Elizabeth Taylor and the Duchess of Windsor. But he died in 1975. Fortunately, his society is still in activity and create jewels inspired by David Webb’s drawings.

Sotheby’s has already sold jewels created by David Webb. One of its auction records was made last year with a pair of diamond pendant-earclips sold for $1 505 000. For Thursday’s sale, we will find different kinds of jewels. We will find jewels with important gemstones like this pair of platinum, diamond and emerald pendant-earclips estimated around $50 000 and $70 000. There are also funny and coloured creations like this Napoleonesque brooch estimated between $15 000 to $20 000 and jewels with a simple design like this gold hammered cuff-bracelet estimated between $30 000 to $40 000. Franck Everett, Sotheby’s jewellery specialist explained that the woman who wears David Webb’s jewels:

She is not afraid to wear a lot of pieces of jewelry, she is not afraid of matching […] and she knows what she wants.”

This sale is a great occasion to discover or to re-discover this American jeweller who had a unique style.

Important Jewels sale, the 24th and 25th September at 2 p.m. in New-York and on Sotheby’s website.

http://www.sothebys.com/en/auctions/2015/important-jewels-n09400.html#&page=all&sort=lotSortNum-asc&viewMode=list

Daisy Cloarec

Les révélations de la bijouterie contemporaine

Nef du Grand Palais avec la scénographie d'Henri Jobbé-Duval.
Nef du Grand Palais avec la scénographie d’Henri Jobbé-Duval

Depuis hier se tient au Grand Palais la biennale Révélations qui présente les nouveaux talents de l’artisanat français et international. Gigantesque cahier de style, ce salon illustre à travers plus de 120 stands, ateliers et conférences les différents domaines des arts décoratifs : mobilier, céramique, verre, luminaires, lutherie… Pour cette seconde édition, la Corée du Sud est mise à l’honneur avec une scénographie signée Henri Jobbé-Duval de manière élégante en reprenant bambou et îlots. Contrairement à d’autres évènements artistiques comme la FIAC ou la biennale des antiquaires, Révélations a comme atout d’être principalement représentée par des ateliers d’artistes et non par des galeries. C’est donc une formidable occasion de rencontrer des artisans de tous domaines confondus. L’ébéniste Jean de Dreuille m’a ainsi expliqué son procédé ingénieux pour réaliser une marqueterie dans l’esprit d’André-Charles Boulle. Ne pouvant travailler l’écaille de tortue, il a eu l’idée de placer des plaques d’ambre sur un fond rouge, obtenant un résultat incroyablement proche. A l’image de cet ébéniste, le détournement des matériaux est le courant dominant ce salon avec un luminaire en carton et des bottes en papier imprimé.

Luminaire en carton.
Luminaire en carton de Catia Esteves
Collier d'Irène Gonet. Calamus, argent.
Collier d’Irène Gonet. Calamus, argent.

La bijouterie n’est pas en reste. Plusieurs stands lui sont consacrés avec quelques uns qui détonnent par leur traditionalisme. L’école HEAD-Genève présente les créations de ses élèves dont les pièces d’Irène Gonet qui a eu l’idée étonnante de travailler la plume en utilisant non pas sa partie la plus douce mais en utilisant sa tige, le calamus.

Fils textiles.
Bijoux de Claude Tahon en matières textiles

La créatrice textile française Aude Tahon a quant à elle adaptée une technique de nœud coréenne à la bijouterie. Le résultat est incroyablement léger.

Collier-plastron en bambou
Collier-plastron en bambou
Parure mêlant métal et bambou
Parure mêlant métal et bambou

L’association Hand in Hand promeut également les échanges entre la France et l’Asie. Des créateurs originaires de Taïwan participent à des ateliers en France et réalisent leur projets avec des artisans français. Le thème choisit pour cette exposition est le bambou, espèce relativement courante sur cette île d’Asie. Cette plante est ainsi introduite dans la bijouterie de manière tout à fait étonnante et esthétique.

Bagues
Bagues « Traces » d’Helga Ósk Einarsdóttir

La Nordic Network of Crafts Association présente un ensemble de bagues empreintes de nostalgie créées par l’Islandaise Helga Ósk Einarsdóttir. Il s’agit d’un support de diapositives reprenant de vieux tirages sur une monture métallique faisant le lien entre la création passée et contemporaine.

Ouvert jusqu’à dimanche soir, ce salon permet de découvrir de nombreux créateurs de talents sans avoir à se bousculer devant les vitrines et pour un prix abordable (le billet d’entrée plein tarif coûte 10 €). De quoi occuper ce weekend pluvieux!


Since the 10th of September, the biennial Révélations is opened in the Grand Palais in Paris. This event introduces new talented craftsmen from France and abroad. There are around 120 stands, conventions and workshops which show all the different crafts’ fields: furniture, lute-making, ceramics, glass, lights… For this second instance, South Korea is the guest of honour with an elegant scenography made by Henri Jobbé-Duval, inspired by bamboo and archipelago. Unlike the FIAC and the Biennale des Antiquaires, most of the exhibitors are craftsmen and not dealers. That is a great occasion to talk directly with them and to understand how they work. The cabinetmaker Jean de Dreuille explained to me its trick to do Boulle’s marquetry without tortoiseshell: he uses amber plaques on a red bottom. Like this cabinetmaker, many craftsmen in this event distort materials from their original use to create for example a cardboard light or paper shoes.

That is the same case in jewellery. Many stands show jewels. The HEAD school in Geneva exhibits its students’ creations with jewels made by Irène Gonet. She had this oddball idea to make jewels with hollow shaft from feathers.

Aude Tahon, a French creator, use a Korean technique of knot with thread to make fantastic and light jewels.

Hand in Hand association which promotes creations between Taiwanese designers and French craftsmen has already a stand where the theme is the bamboo. Jewels have been created with this plant. The result is amazing.

The Nordic Network of Crafts Association shows a group of rings on a slides’shelf with old pictures. This nostalgic creation made by Helga Ósk Einarsdóttir from Iceland explains the importance to look into the past to create modern creations.

Opened until Sunday evening, you can discover with this biennial talented craftsmen for a low cost admission (only 10 €).


Révélations, le salon des métiers d’art et de la création

Au Grand Palais, Paris

Jusqu’au dimanche 13 septembre, de 10h à 19h

http://www.revelations-grandpalais.com/fr/

Daisy Cloarec