L’été indien

L’été indien vient de quitter Paris mais malgré tout subsiste encore une certaine douceur  dans les salles de ventes et dans les musées.

Collier Inde Oger Blanchet
Collier de mariage pour homme, Inde, Rajasthan, Estimation: 10 000 / 15 000 € Photographie: Oger-Blanchet

La tradition joaillière indienne remonte jusqu’à 6 000 avant Jésus-Christ pour les premiers vestiges connus. La richesse des sous-sols de ce pays a largement contribué au développement de cet art. Les célèbres mines de Golconde ont ainsi fourni des diamants légendaires tels que le Régent, le Hope ou encore le Koh-I-Noor. Les bijoux indiens sont surtout liés à la cérémonie du mariage. L’épouse reçoit de sa famille et de sa belle-famille une importante quantité de bijoux qui constitueront véritablement ses biens propres et non ceux de son époux, ce qui est particulièrement notable. L’exhibition de ces bijoux affiche le statut social des familles et de sa richesse comme c’était le cas également en Europe auparavant avec les corbeilles de mariage. La mariée porte principalement des bracelets aux bras et chevilles. Ses bijoux l’identifieront désormais comme une femme mariée. Si son mari décède, la tradition veut que la veuve brise ces bracelets. Le mari porte également des bijoux lors des épousailles. Il porte généralement un sarpech, qui est une sorte de broche, à son turban, et des colliers. La maison de ventes Oger-Blanchet propose aux enchères ce jeudi à Drouot un important (et pour l’avoir eu entre les mains, je peux vous dire qu’il est impressionnant!) collier de mariage pour homme en or 22 carats orné de motifs floraux en filigrane. Car les Indiens travaillent traditionnellement l’or 22 carats. En effet, dans la religion hindoue le concept de pureté est particulièrement important et les métaux précieux ont un rôle rituel.

boucheron dessin collier patiala
Gouaché de l’un des six colliers réalisés pour le Maharaja de Patiala par Boucheron, 1928, Gouache sur papier, Maison Boucheron

Une grande exposition Bejewelled treasures : the Al Thani collection au Victoria & Albert Museum, du 21 novembre 2015 au 28 mars 2016, donnera la possibilité de découvrir davantage la bijouterie-joaillerie traditionnelle indienne. Elle permet également de mieux cerner les rapports entre l’Inde et l’Europe. Les bijoutiers occidentaux ont beaucoup influencé la bijouterie indienne mais s’en sont également beaucoup inspirés. Durant les années 1920, nombreux sont les maharadjas à venir place Vendôme passer commande auprès des plus grands joailliers. Le maharaja de Patiala s’est ainsi rendu en 1928 chez Boucheron avec six caisses contenant pas moins de 7 571 diamants et 1 432 émeraudes. Il est difficile à savoir si les 148 bijoux créé pour cette commande historique mais fort heureusement la maison Boucheron conserve des photographies et les dessins de ses magnifiques créations. L’exposition londonienne retranscrira ces rapports entre joailliers et maharadjas avec les réalisations de Cartier et de JAR qui s’est inspiré de cette culture.

devdas
Madhuri Dixit et Aishwarya Rai dans « Devdas », 2002, Photographie: Mega Bollywood

D’excellentes excuses pour (re-)visionner des films bollywhoodiens tels que Devdas où les actrices portent d’incroyables parures.


Indian summer left Paris but mildness still stay in auction houses and in museums.

Indian jewellery traditions go back to 6 000 B.C. for the first remains. Underground wealth contributes to Indian jewellery. Famous diamonds like the Régent, the Hope and the Koh-I-Noor were found in Golconde mines and there are also sapphires and emeralds mines. Jewels are especially made for weddings. Wife receives jewels with her family and her family-in-law. These jewels are her property for ever. For her wedding she wears many arm and ankle bracelets. If she becomes widow, she has to broke her bracelets. Men also wear jewels for the wedding. They wear a sarpech, a kind of brooch, on turban, and necklaces. The auction house Oger-Blanchet will sale on Thursday in Drouot a wonderfull indian wedding necklace for men (I’ve seen it and it’s amaaaazing!!!). This necklace is decorated with floral patterns in filigree in 22 gold karats. Indians usually work 22 gold karats because of this importance of purity in Hinduism.

A big exhibition Bejewelled treasures: the Al Thani will soon begin in the Victoria & Albert Museum in London in the 21st of November and will let us to discover Indian traditional jewels and links between India and Europe. In 1920s, many maharajas have been to the Place Vendôme to get French jewels. In 1928, the Maharaja of Patiala went to Paris and brought to Boucheron six empty boxes of gemstones with 7 571 diamonds and 1 432 emeralds. It’s hard to know if the 148 jewels created by Boucheron for this Maharaja still exist. But fortunately, Boucheron Héritage keeps a fantastic book with all jewels draws. The V&A exhibition will study these links and results between Western jewellers and Indians with creations of Cartier and JAR.

This is a nice excuse to watch (again!) Bollywoodian moovies like Devdas in which one actresses wear unbelievable jewels.

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