Oppa diamond style!

Bracelet en or blanc et argent de Kim Kig-Ok "Comme ta voix - Deuxième peau par impression" Collection de l'artiste
Bracelet en or blanc et argent de Kim Kig-Ok « Comme ta voix – Deuxième peau par impression »,
2014, Collection de l’artiste

A l’occasion des 130 ans de diplomatie entre la Corée du Sud et la France, le gouvernement français a décidé de consacrer l’année 2015-2016 à ce pays d’Asie. Au programme, un grand nombre d’évènements culturel : expositions, concerts, pièces de théâtres… vont, un peu partout en France, nous permettre de découvrir ce pays.

Car pour beaucoup de Français, la Corée du Sud se résume par les Jeux Olympiques de Séoul, le chanteur Psy et son Gangnam Style et par sa relation tumultueuse avec la Corée du Nord. La culture coréenne est assez peu connue en France et cela se voit particulièrement dans les rayonnages des bibliothèques qui comptent peu ou pas de livres à ce sujet et sur le peu de musées présentant des objets originaires de ce pays. En vue de préparer cet article je me suis ainsi rendue au Musée du Quai Branly qui, à ma grande surprise, ne présente pas d’objets coréens dans ses collections permanentes. Mais il en faut plus pour me décourager et j’ai réussi à trouver de beaux exemplaires permettant de découvrir la scène joaillière coréenne.

Couronne en bronze dorée datant du Ve-VIe siècle, Royaume de Silla, Collections du Musée Guimet
Couronne en bronze dorée datant du Ve-VIe siècle,
Royaume de Silla,
Collections du Musée Guimet

Les collections du Musée Guimet à Paris permettent de découvrir que déjà vers les Ve-VIe siècles, l’art de la coiffure est développé en Corée. Des archéologues ont retrouvé dans un tumuli en terre une couronne constituée de fines plaques de bronze doré formant un imposant trident. Ce symbole de pouvoir s’est conservé autant chez l’homme que chez la femme à la cour comme on peut le voir sur des peintures datant du XVIe siècle.

Perruque-natte ornée d'une épingle, d'une couronne et autres accessoires, reconstitution d'une coiffure à l'époque Joseon jusqu'au XVIIIe siècle, Collection de Kim Young-Seok
Perruque-natte ornée d’une épingle, d’une couronne et autres accessoires,
reconstitution d’une coiffure à l’époque Joseon jusqu’au XVIIIe siècle,
Collection de Kim Young-Seok

La section mode de l’exposition Korea now, au Musée des Arts Décoratifs, consacre une vitrine aux différents types de coiffures. Elles comprennent généralement une imposante épingle à cheveux, des petites barrettes ornées de plumes bleues de martin-pêcheur et d’une couronne. L’exposition Intérieur coréen, œuvres de In-Sook Son, au Musée Guimet, présente, entre autres choses, les bijoux de la brodeuse In-Sook Son où l’on retrouve encore aujourd’hui l’importance de ces épingles, barrettes et couronnes.

Broche "Rehold" de Kim Ji-Mim en papier de mûrier et latex, 2015, Collection de l'artiste
Broche « Rehold » de Kim Ji-Mim en papier de mûrier et latex,
2015,
Collection de l’artiste

Si les codes de la bijouterie traditionnelle se sont conservés à l’occasion notamment de cérémonies comme le mariage, la bijouterie contemporaine a su totalement se renouveler, faisant le lien entre tradition et modernité. L’exposition Korea now ! présente ainsi plusieurs créations dont les matériaux sont les représentants de techniques ancestrales revisitées. Kim Ji-Min reprend le papier de mûrier qu’il allie au latex. Ce papier (hanji) s’obtient par la cuisson de branches de mûrier avec de la cendre qui sont ensuite frappées à l’aide d’un maillet de bois afin d’assouplir les fibres. Le hanji avait diverses utilisations : écrits bouddhiques, tapissage des habitations, confection de fleurs… Kim Ji-Min l’utilise ici dans la parure de manière résolument novatrice. La soie s’applique également à la bijouterie avec la parure de Park Jgong-Hye. Son collier Piège évoque des plantes carnivores à la fois belles, douces et dangereuses dans une composition particulièrement innovante.

Collier "Piège" de Park Jgong-Hye en argent et soie, 2013, collection de l'artiste
Collier « Piège » de Park Jgong-Hye en argent et soie,
2013,
collection de l’artiste

Entre tradition et modernité, les musées parisiens permettent de découvrir un peu plus la bijouterie de ce pays et de lever le voile sur la culture coréenne.


For the 130 years old of diplomacy between Korea and France, the French government has decided to dedicate this year to this Asian country. For this birthday, cultural events are organize in many places in France: concerts, exhibitions, plays… to discover this country.

Because in France, we don’t really know Korea and its culture instead of Olympic Games of Seoul, troubles with North Korea and Psy and his Gangnam Style. We can see this in libraries where we cannot find a lot of books about this culture. That’s the same about French museums. Anyway! I have found amazing things for you!

With the collections of the Musée Guimet in Paris, we can discover that in the Vth-VIth centuries, hair jewels were already developed. Archaeologists found in an earth tumuli a crown made with golden bronze. This symbol of power was kept at the court as we can see in XVIth century paintings. In the exhibition called Korea now at the Musée des Arts Décoratifs, a showcase shows jewels which was wear in hairdressings in the past. In hairdressings we can often find a big hair pin, little barrettes decorated with kingfisher’s blue feathers and a crown. Another exhibition: Intérieur coréen, œuvres de In-Sook Son in the Musée Guimet, explains that this kind of jewels is currently worn for special events like weddings.

If we can find traditional jewels in different occasions, Korean jewellers try to reinvent jewellery and to link past with present. Korea now introduces contemporaneous craftsmen who work with traditional materials. Kim Ji-Min creates jewels with mulberry’s paper and latex. This kind of paper (called hanji) is made with cooked mulberry’s sticks hammered with a wood mallet. The Hanji was used for religious writings, as wall paper, to make flowers… Kim Ji-Min use this material for jewels in a modern style. We can also find silk in jewellery with Park Jgong-Hye’s creations. His necklace called Piège (trap) is in the same time soft with silk and in another time more violent with carnivore flowers.

Between tradition and modernity, Parisian museums let us to discover a very rich and varied culture unknown in France.


Korea Now! Craft, design, mode et graphisme en Corée Jusqu’au 3 janvier 2016 au Musée des Arts Décoratifs à Paris

Intérieur coréen, œuvres de In-Sook Son Jusqu’au 14 mars au Musée Guimet à Paris

Daisy Cloarec

Les révélations de la bijouterie contemporaine

Nef du Grand Palais avec la scénographie d'Henri Jobbé-Duval.
Nef du Grand Palais avec la scénographie d’Henri Jobbé-Duval

Depuis hier se tient au Grand Palais la biennale Révélations qui présente les nouveaux talents de l’artisanat français et international. Gigantesque cahier de style, ce salon illustre à travers plus de 120 stands, ateliers et conférences les différents domaines des arts décoratifs : mobilier, céramique, verre, luminaires, lutherie… Pour cette seconde édition, la Corée du Sud est mise à l’honneur avec une scénographie signée Henri Jobbé-Duval de manière élégante en reprenant bambou et îlots. Contrairement à d’autres évènements artistiques comme la FIAC ou la biennale des antiquaires, Révélations a comme atout d’être principalement représentée par des ateliers d’artistes et non par des galeries. C’est donc une formidable occasion de rencontrer des artisans de tous domaines confondus. L’ébéniste Jean de Dreuille m’a ainsi expliqué son procédé ingénieux pour réaliser une marqueterie dans l’esprit d’André-Charles Boulle. Ne pouvant travailler l’écaille de tortue, il a eu l’idée de placer des plaques d’ambre sur un fond rouge, obtenant un résultat incroyablement proche. A l’image de cet ébéniste, le détournement des matériaux est le courant dominant ce salon avec un luminaire en carton et des bottes en papier imprimé.

Luminaire en carton.
Luminaire en carton de Catia Esteves
Collier d'Irène Gonet. Calamus, argent.
Collier d’Irène Gonet. Calamus, argent.

La bijouterie n’est pas en reste. Plusieurs stands lui sont consacrés avec quelques uns qui détonnent par leur traditionalisme. L’école HEAD-Genève présente les créations de ses élèves dont les pièces d’Irène Gonet qui a eu l’idée étonnante de travailler la plume en utilisant non pas sa partie la plus douce mais en utilisant sa tige, le calamus.

Fils textiles.
Bijoux de Claude Tahon en matières textiles

La créatrice textile française Aude Tahon a quant à elle adaptée une technique de nœud coréenne à la bijouterie. Le résultat est incroyablement léger.

Collier-plastron en bambou
Collier-plastron en bambou
Parure mêlant métal et bambou
Parure mêlant métal et bambou

L’association Hand in Hand promeut également les échanges entre la France et l’Asie. Des créateurs originaires de Taïwan participent à des ateliers en France et réalisent leur projets avec des artisans français. Le thème choisit pour cette exposition est le bambou, espèce relativement courante sur cette île d’Asie. Cette plante est ainsi introduite dans la bijouterie de manière tout à fait étonnante et esthétique.

Bagues
Bagues « Traces » d’Helga Ósk Einarsdóttir

La Nordic Network of Crafts Association présente un ensemble de bagues empreintes de nostalgie créées par l’Islandaise Helga Ósk Einarsdóttir. Il s’agit d’un support de diapositives reprenant de vieux tirages sur une monture métallique faisant le lien entre la création passée et contemporaine.

Ouvert jusqu’à dimanche soir, ce salon permet de découvrir de nombreux créateurs de talents sans avoir à se bousculer devant les vitrines et pour un prix abordable (le billet d’entrée plein tarif coûte 10 €). De quoi occuper ce weekend pluvieux!


Since the 10th of September, the biennial Révélations is opened in the Grand Palais in Paris. This event introduces new talented craftsmen from France and abroad. There are around 120 stands, conventions and workshops which show all the different crafts’ fields: furniture, lute-making, ceramics, glass, lights… For this second instance, South Korea is the guest of honour with an elegant scenography made by Henri Jobbé-Duval, inspired by bamboo and archipelago. Unlike the FIAC and the Biennale des Antiquaires, most of the exhibitors are craftsmen and not dealers. That is a great occasion to talk directly with them and to understand how they work. The cabinetmaker Jean de Dreuille explained to me its trick to do Boulle’s marquetry without tortoiseshell: he uses amber plaques on a red bottom. Like this cabinetmaker, many craftsmen in this event distort materials from their original use to create for example a cardboard light or paper shoes.

That is the same case in jewellery. Many stands show jewels. The HEAD school in Geneva exhibits its students’ creations with jewels made by Irène Gonet. She had this oddball idea to make jewels with hollow shaft from feathers.

Aude Tahon, a French creator, use a Korean technique of knot with thread to make fantastic and light jewels.

Hand in Hand association which promotes creations between Taiwanese designers and French craftsmen has already a stand where the theme is the bamboo. Jewels have been created with this plant. The result is amazing.

The Nordic Network of Crafts Association shows a group of rings on a slides’shelf with old pictures. This nostalgic creation made by Helga Ósk Einarsdóttir from Iceland explains the importance to look into the past to create modern creations.

Opened until Sunday evening, you can discover with this biennial talented craftsmen for a low cost admission (only 10 €).


Révélations, le salon des métiers d’art et de la création

Au Grand Palais, Paris

Jusqu’au dimanche 13 septembre, de 10h à 19h

http://www.revelations-grandpalais.com/fr/

Daisy Cloarec