Le petite oiseau va sortir!

J’avais déjà eu l’occasion de découvrir cet animal lors d’une visite du musée Patek Philippe à Genève qui est à voir absolument ! Mais récemment j’ai pu les voir en fonctionnement et je suis tombée sous le charme des oiseaux chanteurs.

Boîte oiseau chanteur émail
Boîte à oiseau chanteur en laiton et émail à scène champêtres. Suisse, fin XIXème siècle. Estimée 1 500- 2 000 € _ Photographie Tessier-Sarrou

Pour ce qui n’ont pas encore eu la chance de découvrir cet objet, il s’agit généralement d’une boîte, en forme de tabatière, abritant un ou plusieurs automates d’oiseaux qui lorsqu’ils sont animés, tournoient, battent des ailes, ouvrent et ferment leur bec et chantent. Des oiseaux plus vrais que nature !

Cette prouesse technique est le fruit du travail de l’horloger suisse Jacquet Droz en 1752. La reine Marie-Antoinette aurait été l’une des premières personnes privilégiées à recevoir l’un de ses oiseaux exécutant trois chants différents.

Véritable objet de luxe, ces boîtes sont ornées de matériaux précieux comme le diamant, la nacre, les émaux.

Ces objets se retrouvent parfois sous les feux des enchères. Les pièces les plus recherchées sont bien entendu les boîtes signées. La signature se trouve généralement sur le mécanisme et peut provoquer des enchères faramineuses. Ainsi la maison Christie’s a vendu en 2011 à Hong Kong une boîte en argent émaillée signée de la main de l’horloger suisse Charles Bruguier (1788-1862) pour une somme d’environ 60 480€ (524 000HK$)!

Les pièces non signées restent plus abordables. Si vous êtes sous le charme de ces bêtes à plumes, la maison de vente Tessier-Sarrou propose un ensemble de trois magnifiques boîtes, estimées entre 400 et 2000 €, vendredi 25 mars 2016 à l’hôtel Drouot à Paris.


I have alreadey seen this kind of animal when I visited Patek Philippe museum in Geneva (which is a place to absolutely visit!). But I have recently seen it working and I fall in love of these singing birds.

If you have not already met this item, that’s often a box, in shape of a snuffbox, where lives a little automaton of bird which turns, beats its wings, opens and closes its beak and sings. A bird better thant the real!

This amazing item was invented by Jacquet Droz, a Swiss clockmaker, in 1752. He offered one of his first singing bird to the Queen Marie-Antoinette.

Boîte oiseau argent
Boîte à oiseau chanteur en argent, les ciselures représentent les fables de Lafontaine le Corbeau et le Renard, le Coq et le Renard, Suisse, vers 1900, Estimée 400-500 €

These singing birds are sometimes sold in auctions. The most sought after are signed one. For exemple, Christie’s sold in 2011 in Hong-Kong a singing bird made by the Swiss clockmaker Charles Bruguier (1788-1862), for 60 480 € (524 000 HK$)!

Non-signed box are cheaper. If, like me, you felt in love with this strange animal, the French auction house Tessier-Sarrou will sell three beautiful boxes estimated between 400 and 2 000€, the 25th of March 2016 in Drouot (Paris).


 

Vente « Mobilier, objets d’art » Tessier-Sarrou du 25 mars 2016

Salle 1

Hôtel Drouot

9 rue Drouot 75009 Paris

Catalogue de la vente

 

 

 

L’été indien

L’été indien vient de quitter Paris mais malgré tout subsiste encore une certaine douceur  dans les salles de ventes et dans les musées.

Collier Inde Oger Blanchet
Collier de mariage pour homme, Inde, Rajasthan, Estimation: 10 000 / 15 000 € Photographie: Oger-Blanchet

La tradition joaillière indienne remonte jusqu’à 6 000 avant Jésus-Christ pour les premiers vestiges connus. La richesse des sous-sols de ce pays a largement contribué au développement de cet art. Les célèbres mines de Golconde ont ainsi fourni des diamants légendaires tels que le Régent, le Hope ou encore le Koh-I-Noor. Les bijoux indiens sont surtout liés à la cérémonie du mariage. L’épouse reçoit de sa famille et de sa belle-famille une importante quantité de bijoux qui constitueront véritablement ses biens propres et non ceux de son époux, ce qui est particulièrement notable. L’exhibition de ces bijoux affiche le statut social des familles et de sa richesse comme c’était le cas également en Europe auparavant avec les corbeilles de mariage. La mariée porte principalement des bracelets aux bras et chevilles. Ses bijoux l’identifieront désormais comme une femme mariée. Si son mari décède, la tradition veut que la veuve brise ces bracelets. Le mari porte également des bijoux lors des épousailles. Il porte généralement un sarpech, qui est une sorte de broche, à son turban, et des colliers. La maison de ventes Oger-Blanchet propose aux enchères ce jeudi à Drouot un important (et pour l’avoir eu entre les mains, je peux vous dire qu’il est impressionnant!) collier de mariage pour homme en or 22 carats orné de motifs floraux en filigrane. Car les Indiens travaillent traditionnellement l’or 22 carats. En effet, dans la religion hindoue le concept de pureté est particulièrement important et les métaux précieux ont un rôle rituel.

boucheron dessin collier patiala
Gouaché de l’un des six colliers réalisés pour le Maharaja de Patiala par Boucheron, 1928, Gouache sur papier, Maison Boucheron

Une grande exposition Bejewelled treasures : the Al Thani collection au Victoria & Albert Museum, du 21 novembre 2015 au 28 mars 2016, donnera la possibilité de découvrir davantage la bijouterie-joaillerie traditionnelle indienne. Elle permet également de mieux cerner les rapports entre l’Inde et l’Europe. Les bijoutiers occidentaux ont beaucoup influencé la bijouterie indienne mais s’en sont également beaucoup inspirés. Durant les années 1920, nombreux sont les maharadjas à venir place Vendôme passer commande auprès des plus grands joailliers. Le maharaja de Patiala s’est ainsi rendu en 1928 chez Boucheron avec six caisses contenant pas moins de 7 571 diamants et 1 432 émeraudes. Il est difficile à savoir si les 148 bijoux créé pour cette commande historique mais fort heureusement la maison Boucheron conserve des photographies et les dessins de ses magnifiques créations. L’exposition londonienne retranscrira ces rapports entre joailliers et maharadjas avec les réalisations de Cartier et de JAR qui s’est inspiré de cette culture.

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Madhuri Dixit et Aishwarya Rai dans « Devdas », 2002, Photographie: Mega Bollywood

D’excellentes excuses pour (re-)visionner des films bollywhoodiens tels que Devdas où les actrices portent d’incroyables parures.


Indian summer left Paris but mildness still stay in auction houses and in museums.

Indian jewellery traditions go back to 6 000 B.C. for the first remains. Underground wealth contributes to Indian jewellery. Famous diamonds like the Régent, the Hope and the Koh-I-Noor were found in Golconde mines and there are also sapphires and emeralds mines. Jewels are especially made for weddings. Wife receives jewels with her family and her family-in-law. These jewels are her property for ever. For her wedding she wears many arm and ankle bracelets. If she becomes widow, she has to broke her bracelets. Men also wear jewels for the wedding. They wear a sarpech, a kind of brooch, on turban, and necklaces. The auction house Oger-Blanchet will sale on Thursday in Drouot a wonderfull indian wedding necklace for men (I’ve seen it and it’s amaaaazing!!!). This necklace is decorated with floral patterns in filigree in 22 gold karats. Indians usually work 22 gold karats because of this importance of purity in Hinduism.

A big exhibition Bejewelled treasures: the Al Thani will soon begin in the Victoria & Albert Museum in London in the 21st of November and will let us to discover Indian traditional jewels and links between India and Europe. In 1920s, many maharajas have been to the Place Vendôme to get French jewels. In 1928, the Maharaja of Patiala went to Paris and brought to Boucheron six empty boxes of gemstones with 7 571 diamonds and 1 432 emeralds. It’s hard to know if the 148 jewels created by Boucheron for this Maharaja still exist. But fortunately, Boucheron Héritage keeps a fantastic book with all jewels draws. The V&A exhibition will study these links and results between Western jewellers and Indians with creations of Cartier and JAR.

This is a nice excuse to watch (again!) Bollywoodian moovies like Devdas in which one actresses wear unbelievable jewels.

David Webb sous le feu des enchères

Broche Girafe de David Webb, or jaune, rubis et émail. Estimation: $7 000 - $9 000. Photographie Sotheby's NY.
Broche Girafe de David Webb, or jaune, rubis et émail. Estimation: $7 000 – $9 000. Photographie Sotheby’s NY.

Alors que la Fashion Week s’est déroulée la semaine dernière à New-York, la maison de vente Sotheby’s propose ce jeudi un important ensemble de quarante bijoux réalisés par l’un des plus grands créateurs new-yorkais : David Webb, dont voici une petite sélection.

C’est à l’âge de 16 ans que David Webb décide de quitter la Caroline du Nord pour s’installer dans la New-York des années 1940. Dès 1948 il crée son entreprise David Webb Inc. Le succès de sa bijouterie ne sera jamais démentie puisqu’à leur apogée, ses ateliers comptèrent jusqu’à 200 artisans. Ses sources d’inspirations sont extrêmement diverses. Pour réaliser l’une de ses créations emblématiques : le bijou-clou, il s’est ainsi inspiré du motif du nœud égyptien vu au Metropolitan Museum. En plus de s’inspirer de créations antiques, David Webb a aussi puisé abondamment dans la nature, réalisant un bestiaire à la fois original et coloré. Mais cette grande figure de la joaillerie new-yorkaise, après avoir créé d’incroyables bijoux pour Jackie Kennedy, la Duchesse de Windsor ou encore Elizabeth Taylor, décéda en 1975. Fort heureusement la société a été reprise et continue à produire des pièces inspirées des dessins colorés de David Webb.

Pendants d'oreilles de David Webb, platine, émeraudes et diamants. Photographie Sotheby's NY.
Pendants d’oreilles de David Webb, platine, émeraudes et diamants. Estimation: $50 000 – $70 000. Photographie Sotheby’s NY.

La maison Sotheby’s a déjà eu l’occasion de passer aux enchères des créations de David Webb. L’un de ses records fut la vente d’une paire de boucles d’oreilles en diamants avec montures interchangeables pour $1 505 000 en 2014. La sélection faite pour la vente de jeudi prochain est des plus hétéroclites. Elle comprend à la fois de belles pierres comme cette paire de pendants d’oreilles en diamants et émeraudes estimée entre $50 000 et $70 000, des pièces plus originales et colorées comme cette broche inspirée de la figure de Napoléon, estimée entre $15 000 et $20 000 et des pièces au design plus sobre réalisées avec cet or jaune martelé qu’affectionne tout particulièrement David Webb comme ce large bracelet estimé entre $30 000 et $40 000. Franck Everett, spécialiste en joaillerie chez Sotheby’s New-York, décrit ainsi la femme portant du David Webb :

 Elle n’a pas peur de porter de bijoux […] elle n’a pas peur de mélanger les pièces […] et elle sait ce qu’elle veut.

Bracelet de David Webb, or jaune martelé. Photographie de Sotheby's NY.
Bracelet de David Webb, or jaune martelé. Estimation: $30 000 – $40 000. Photographie Sotheby’s NY.
Broche napoléonienne de David Webb, or jaune, diamants, émail. Photographie Sotheby's NY.
Broche napoléonienne de David Webb, or jaune, diamants, émail. Estimation: $15 000 – $20 000. Photographie Sotheby’s NY.

Cette vente est en tout cas l’occasion de découvrir ou de re-découvrir ce joaillier américain au style unique.

Vente Important Jewels, les 24 et 25 septembre à partir de 14h à New York, enchères visibles également en Live sur internet.

http://www.sothebys.com/en/auctions/2015/important-jewels-n09400.html#&page=all&sort=lotSortNum-asc&viewMode=list


After the New-Yorker Fashion week which was last week, the auction house Sotheby’s will organise on Thursday a jewellery sale with 40 jewels made by one the most famous jeweller of New-York: David Webb, from whom I’ve done a little selection.

When he was 16 years old, David Webb decided to live in New-York City and left his native North Carolina. In 1948, he founded his society David Webb Inc. It was a very successful idea. In its height, its society had around 200 craftsmen in its workshops. David Webb’s creations were inspired by many things. His most famous set of jewels made with gold nails was inspired by Egyptian knots, seen in the Metropolitan Museum. He was also inspired by nature. He created a lot of coloured and oddball jewels with animals. He had a very famous clientele with Jackie Kennedy, Elizabeth Taylor and the Duchess of Windsor. But he died in 1975. Fortunately, his society is still in activity and create jewels inspired by David Webb’s drawings.

Sotheby’s has already sold jewels created by David Webb. One of its auction records was made last year with a pair of diamond pendant-earclips sold for $1 505 000. For Thursday’s sale, we will find different kinds of jewels. We will find jewels with important gemstones like this pair of platinum, diamond and emerald pendant-earclips estimated around $50 000 and $70 000. There are also funny and coloured creations like this Napoleonesque brooch estimated between $15 000 to $20 000 and jewels with a simple design like this gold hammered cuff-bracelet estimated between $30 000 to $40 000. Franck Everett, Sotheby’s jewellery specialist explained that the woman who wears David Webb’s jewels:

She is not afraid to wear a lot of pieces of jewelry, she is not afraid of matching […] and she knows what she wants.”

This sale is a great occasion to discover or to re-discover this American jeweller who had a unique style.

Important Jewels sale, the 24th and 25th September at 2 p.m. in New-York and on Sotheby’s website.

http://www.sothebys.com/en/auctions/2015/important-jewels-n09400.html#&page=all&sort=lotSortNum-asc&viewMode=list

Daisy Cloarec